Communiqué de Presse – 23 avril 2019

L’installation d’une bâche géante publicitaire représentant un burger graisseux au-dessus du monument du Veilleur de Pierre a suscité l’émoi parmi les riverains de la place Bellecour, les associations agissant afin de limiter la pression publicitaire et bien sûr les Anciens Combattants. Depuis vendredi 19 avril ils ont été nombreux à réagir à l’initiative de Thierry Godefroy, un habitant de Lyon. 

Au-delà du côté particulièrement inesthétique de cette bâche, le symbole est très malvenu. Il n’aurait pas dû échapper aux autorités qui ont autorisé ce dispositif, qu’à quelques mois des commémorations du 8 mai 1945, apposer une énorme pièce de viande au-dessus d’un monument réalisé en mémoire de victimes de Klaus Barbie, commandant de la Gestapo, surnommé « le boucher de Lyon », était tout à fait irrespectueux. 

Thierry Godefroy a décidé d’écrire aux autorités locales et au conservateur des Monuments Historiques, Frederic Henriot. Si la Mairie n’a pas daigné répondre, la réponse du Conservateur l’a laissé bouche bée : en substance « oui il m’aurait été possible de refuser cette publicité mais je n’en n’ai rien fait ». Quel est donc l’intérêt de ce « contrôle » si tout est permis ? Le Collectif Plein la vue, en soutien aux Anciens Combattants et à Thierry Godefroy, a également écrit ce mardi à la Mairie (courrier ICI) et au Conservateur (courrier ICI).

Pour le collectif Plein la Vue, « A l’heure où l’incendie de Notre Dame de Paris nous rappelle la valeur matérielle mais surtout symbolique des Monuments Historiques, il est inadmissible que dans un secteur comme la place Bellecour, bénéficiant de nombreuses protections au titre du Patrimoine, une telle défiguration de notre ville et de nos symboles puisse avoir lieu ».

Les institutions doivent agir sur le contenu mais aussi et surtout à la source, en rendant rare les possibilités d’afficher des publicités. On se souvient encore récemment des publicités « liberté, égalité, beau fessier » diffusées dans nos rues en mars dernier en même temps que la promotion des activités pour la journée internationale des droits des femmes. On peut citer bien d’autres problèmes comme les appels quotidiens à la malbouffe dans nos rues, les appels à acheter des SUV toujours plus imposants ou des voyages en avion à l’autre bout de la terre (en contradiction totale avec la nécessité de stopper le dérèglement climatique). Le Règlement local de publicité intercommunal (RLPI) est l’outil de la Métropole de Lyon (et des ses communes) : elle doit s’en servir, et non pas autoriser de nouveaux terrains de jeux aux bâches et aux écrans vidéo (comme c’est le cas dans le projet en cours).

Un retrait d’autorisation d’installation de cette bâche est attendu dans les plus brefs délais par le Conservateur. Celui-ci disposait des éléments objectifs pour refuser cette bâche compte-tenu de l’incompatibilité du contenu de la publicité avec le caractère historique des lieux, à commencer, bien entendu, par le Veilleur de Pierre. Le Maire de Lyon et ses adjoints au Patrimoine, Jean Dominique Durand et Loïc Graber ont également été sollicité afin de mettre un terme à cette situation inacceptable.

Une prise de position claire de la Mairie est urgente et le retrait de la décision d’autorisation par le conservateur est fortement souhaitée.

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