Vers une diminution de la pression publicitaire : oui, mais pour quelles raisons ?

 

Les publicités dans l’espace public :

… sont de plus en plus agressives. Il y a vingt ans, on ne trouvait encore que des panneaux fixes présentant une simple publicité en papier. Puis arrivèrent les panneaux lumineux défilants. Au tour à présent des écrans numériques, déjà dans les métros et dans quelques villes du Grand Lyon… bientôt, des publicités au sol ?

… sont en surnombre. Nous recevons en moyenne entre 1200 et 2200 messages publicitaires par jour. Or, s’il demeure possible d’éteindre sa télévision ou d’installer des bloqueurs sur son ordinateur, il est impossible d’échapper aux panneaux placés dans la rue. Si l’on parle beaucoup de la liberté d’expression, qu’en est-il de la liberté de réception ?

… représentent une incroyable dépense d’énergie. Un panneau numérique de 2 mètres carré consomme 7 000 KWH / an, soit la consommation d’un couple avec enfant. À l’heure où l’on promeut les économies d’énergie, est-il vraiment nécessaire d’en consommer autant… pour éclairer la photo d’une paire de baskets ?

… nous abrutissent, nous et nos enfants. Ils influencent nos goûts, nos besoins, utilisent pour cela des procédés de plus en plus sophistiqués inspirés des neurosciences. Conscient de l’effet abusif de la publicité, l’Etat vient d’ailleurs de limiter la publicité pour les enfants sur les chaines publiques, suivant en cela d’autres pays européens comme l’Espagne, la Suède, ou la Grande-Bretagne, jugeant notamment qu’elle encourage des préférences alimentaires nocives pour la santé ainsi qu’une dépendance aux marques.

véhiculent tous les clichés possibles : représentations sexistes, avec des femmes écervelées, soumises, ou en position d’objets sexuels. Ils promeuvent également une image de la beauté féminine qui a des conséquences réelles pour des jeunes filles poussées vers l’anorexie.

… constituent une agression lumineuse. Les écrans vidéo numériques à base de LEDs émettent une partie importante de leur flux lumineux dans la partie bleue du spectre, ce qui est particulièrement nocif en termes d’impact environnemental avec des conséquences avérées sur la santé humaine et les espèces animales

… font l’apologie de la société de consommation. En créant des besoins, elle incite à acheter, toujours, encore, créant sciemment la frustration. Elle constitue donc clairement une entrave au bonheur.

… nuisent aux petits commerçants. En effet, seules 0,0002 % des entreprises françaises monopolisent 80 % des publicités, donc les petits commerçants sont très peu concernés. D’ailleurs, nous ne voyons pas souvent l’épicerie, le restaurant de quartier ou l’artisan du coin sur ces panneaux.

… ne rapportent en définitive quasiment rien à la ville. 0,1% : c’est la part qu’aurait représenté dans le budget de la ville de Grenoble le contrat entre l’afficheur et la ville en 2015, qui n’a en définitive pas été signé. Cette redevance oscille généralement entre 0,1% et 0,5% du budget de fonctionnement des communes. Avec l’arrivée massive des publicités sur internet ou dans les journaux gratuits, les contrats pour l’affichage public sont orientés à la baisse.

… constituent une pollution esthétique. Les élus de tous bords vantent la beauté de la ville de Lyon et de notre région – Lyon est une ville répertoriée par l’Unesco -, cherchent à embellir leurs territoires, mais autorisent ces publicités hideuses. Un peu de cohérence serait souhaitable

… constituent une pollution lumineuse. A titre d’exemple, une étude récente a montré qu’à Paris la contribution du mobilier urbain éclairé (dont la plus grande partie supporte de la publicité) à la pollution lumineuse suffit à elle seule à « éteindre » le ciel de Paris. Bien au-delà de l’aspect romantique des étoiles, les conséquences pour la faune ont été démontrées.

… ne doivent JAMAIS arriver sur écrans vidéo ! Le RLPI doit en effet valider l’arrivée des écrans numériques dans les rues du Grand Lyon. Mais, déjà présents dans le métro et les gares, ces panneaux rassemblent tout ce qu’il y a de plus néfaste dans l’affichage publicitaire. Ils ne sont pas seulement éblouissants et animés, mais ils forcent l’attention des passants en utilisant nos réflexes reptiliens. Ils sont bien plus énergivores que les panneaux lumineux. Ils provoquent une surcharge cognitive qui entraine stress et fatigue. Ils banalisent les écrans et ont des effets délétères sur les enfants. Ils sont conçus pour cibler les consommateurs individuels et donc s’introduire dans la vie privée, constituant une entrave aux libertés. Non aux panneaux numériques dans l’espace public !

Vous êtes d’accord avec certains de ces arguments et souhaitez le faire savoir ? C’est le moment de participer à la concertation publique sur le RLPI : écrivez au Grand Lyon : écrire au Grand Lyon