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Communiqué de presse – 23 avril 2020

Plein la vue demande aux députés du Rhône de s’opposer à un plan d’urgence pour la publicité.


Le collectif Plein La Vue a écrit ce mercredi 22 avril aux députés du Rhône en réaction à la proposition de la députée, proche de l’exécutif, Aurore Bergé de mettre en place un crédit d’impôt d’urgence au bénéfice de l’industrie publicitaire affectée par la crise actuelle liée à la pandémie du covid-19.

Le collectif milite habituellement pour une réduction de la pression publicitaire à l’échelle de la Métropole de Lyon mais intervient aussi au niveau national qui reste un échelon de décision fort en matière de publicité. A ce titre, il est apparu nécessaire au collectif de réagir à cette proposition de subvention nationale d’urgence de la publicité qui lui semble indécente au regard de la crise actuelle, compromettante et anachronique au regard des enjeux liés aux réchauffement climatique et basée sur des motivations erronées.

Le collectif Plein La Vue demande aux 14 députés du Rhône de prendre les bonnes décisions contre cette proposition. Gabrielle Joint, co-présidente du collectif Plein La Vue de préciser : « on attend que nos députés jouent pleinement leur rôle de contre-pouvoir sur cette question alors que les rhodaniens sont fortement attachés à la lutte contre le réchauffement climatique dont la publicité est un enjeu central. Ils l’ont démontré notamment par les succès des marches pour le Climat à Lyon depuis 2018 qui placent la lutte contre l’omniprésence publicitaire au cœur de ses demandes ».

Dans ce courrier, le collectif dénonce tout d’abord les motivations avancées par Madame Bergé pour justifier cette proposition d’initiative d’urgence dont la finalité profonde ne serait pas de sauver le secteur publicitaire mais d’aider les TPE-PME et « soutenir le rôle démocratique de la presse » qui dépendraient chacun de la publicité.

Plein La Vue relève ainsi que le motif du soutien au TPE et PME avancé est clairement impropre alors que la publicité est exclusivement ou presque l’apanage des grands groupes*. Il dénonce également, entre autres arguments, la « grandiloquence » et la contradiction de l’argument sur le rôle démocratique de la presse financée par la publicité alors que la dépendance économique aux annonceurs pose en réalité la question de la dépendance des lignes éditoriales.

Mais c’est surtout cette volonté de sauver le secteur publicitaire avant les autres secteurs sociaux et économiques ainsi que le recours à une logique de consumérisme pour relancer le pays que dénonce le collectif. « Nous considérons qu’il est scandaleux de s’empresser de sauver ce secteur alors que la crise démontre l’importance vitale d’autres pans de notre économie et de nos services publics » précise Anthony Geoffroy, co-président du collectif. « L’urgence est au financement de notre santé, à notre souveraineté alimentaire qui passe aujourd’hui par l’accompagnement de la production locale et des circuits courts, à la survie de nos commerçants de proximité qui n’ont pas recours à la publicité »**.

La proposition heurte enfin le collectif pour son mécanisme de relance de l’économie par la stimulation du consumérisme. « Le seul point sur lequel nous sommes d’accord avec Aurore Bergé, c’est que la publicité stimule le consumérisme et même la surconsommation » précise Anthony Geoffroy. « Or, nous savons que cela est fatal pour l’environnement. On ne pourra pas sauver notre pays en relançant ses pires logiques climaticides comme on l’a vu avec l’omniprésence des publicités pour S.U.V qui ont participé à l’émergence massive de ces véhicules très polluants ». Le collectif rappelle ainsi que cette proposition irait à l’encontre des pistes de travail développées notamment par la Convention Citoyenne pour le Climat qui a ciblé la publicité parmi les activités problématiques pour la protection de l’environnement et la lutte contre le réchauffement climatique. Par ailleurs, le rapport publié mardi par le Haut conseil pour le climat, mise en place par Emmanuel Macron, évoque à de nombreuses reprises cette surconsommation avec par exemple la nécessité de « renforcer les engagements de communication responsable pour éviter les effets de verdissements abusifs ou de surconsommation de produits ou de pratiques toujours fortement carbonées ».

*un nombre restreint d’entreprises monopolise 80% des messages publicitaires

**96% des commerçants de proximité n’ont jamais eu recours à la publicité dans les espaces publics

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