Le collectif Plein La Vue dénonce une nouvelle fois une campagne publicitaire géante en pleine place Bellecour. Cette fois-ci, une bâche géante en faveur de la zone commerciale iséroise « The Village ». Outre une énième défiguration de la place, cette publicité vient concurrencer les commerces lyonnais sur leurs terres pendant la période cruciale de noël. Elle est symptomatique d’une dynamique publicitaire qui nuit au commerce local et favorise des pratiques de consommations toujours plus motorisées et donc polluantes.

 

Depuis plusieurs années, le Collectif Plein La Vue dénonce les aberrations et abus de la publicité tant sur les plans environnementaux, sociétaux, civiques que sur le plan de l’économie. Une nouvelle démonstration de ces aberrations nous est donnée à voir en ce mois de décembre 2020, encore une fois place Bellecour. En effet, une publicité géante pour “The Village”, une zone commerciale située à Villefontaine, en Isère, sorte de centre-commercial horizontal, a été déployée sur l’une des façades de la place Bellecour, cœur commercial de la Métropole de Lyon.

 

Pour Gabrielle Joint, co-présidente du collectif Plein la Vue, « cette publicité est un véritable coup dans le dos fait aux commerces lyonnais et notamment aux petites enseignes de la presqu’île. Elle intervient non seulement dans cette période de noël cruciale mais également dans le contexte de crise économique, conséquence de la crise sanitaire, qui a déjà énormément fragilisé les petits commerces ». L’objectif de cette publicité est clair : inciter les consommateurs lyonnais à prendre leur voiture pour se rendre vers des lieux d’achats situés en zone périurbaine, en l’occurrence à 40km de Lyon. « Cette logique de mise en concurrence est délétère pour l’économie lyonnaise, l’animation du centre-ville et pour l’environnement. Outre le fait que ces bâches géantes défigurent en permanence la grande place Lyonnaise, comment les commerçants de la Presqu’île apprécient-ils cette démarche ? La CCI de Lyon considère-t-elle cette initiative comme pertinente ?

 

Pour le Collectif Plein La Vue, l’aberration de cette démarche est double. D’abord, elle favorise des pratiques de consommation toujours plus éloignées des lieux de vie, et donc motorisées et toujours plus polluantes. Ensuite, cela vient mettre en concurrence directe nos enseignes locales, les emplois qu’elle représentent ainsi que l’animation du centre-ville. Si le développement de ces grandes zones commerciales de périphérie relève certainement de problématiques d’urbanisme, il est regrettable de constater une nouvelle fois que la publicité sert de principal combustible à ces pratiques. Voici donc une nouvelle démonstration de comment la publicité est néfaste pour la partie la plus importante, et souvent la plus vertueuse, de notre économie.

 

Pour Anthony Geoffroy, co-président du collectif, « à l’heure où il est crucial de relocaliser nos pratiques économiques et de consommation, force est de constater que le secteur publicitaire continue à tirer nos pratiques dans le mauvais sens et de manière toujours plus exagérée. La publicité nuit aux commerces de proximité. Ces derniers ont une relation immédiate, naturelle avec ses clients. A l’inverse, la publicité a pour objet de rapprocher les consommateurs de pratiques qui ne sont pas naturelles car éloignées de leurs besoins ou, comme dans le cas de cette bâche, éloignées physiquement de leurs lieux de vie. C’est une des raisons pour lesquelles il nous semble primordial, pour notre environnement, notre économie et notre cadre de vie de remettre en cause l’omniprésence de la publicité dans nos vies en particulier dans les espaces publics, à commencer par la place Bellecour ».

 

Les campagnes publicitaires place Bellecour sont coutumières des scandales. En Avril 2019, en période commémorations, l’installation d’une bâche représentant un burger géant dégoulinant au-dessus du Veilleur de pierre, monument en mémoire à des victimes de la barbarie nazie, avait déjà fait polémique. La problématique est également patrimoniale car, ces bâches, supposées temporaires, s’avèrent présentes en permanence à l’échelle de la place, ce qui a pour effet de dégrader dans la durée l’unité patrimoniale et architecturale de cet ensemble très important dans le paysage lyonnais qu’est la place Bellecour.

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